Dans la mythologie grecque archaïque, Apollo était surtout vénéré comme le dieu des arts, du chant et de la divination, héritier de Zeus mais sans lien direct avec le soleil. Ce n’est qu’au IIIᵉ siècle av. J.-C., sous l’influence d’Hélios, que les écrits d’Homère et d’Hésiode commencent à fusionner les deux figures, créant la confusion moderne. Par ailleurs, les festivals d’Apollon, comme les Pythies, mettaient l’accent sur la clarté du verbe prophétique plutôt que sur la brillance solaire.
Les representations artistiques d’Apollo reflètent aussi cette évolution. Les premiers reliefs du VIIIᵉ siècle av. J.-C. le montrent coiffé d’une couronne de laurier, symbole de victoire, tandis que les statues hellénistiques du IIᵉ siècle av. J.-C. le dotent d’un bouclier solaire. Cette transition iconographique a nourri la croyance populaire que la lumière était son attribut exclusif, alors même que les poètes comme Pindare insistaient sur le rôle de la musique pour éclairer l’âme.